tetrakai

Tetrakaï

Présentation *

Spectacle de fin d’études de la 25e promotion du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne

TETRAKAÏ est un spectacle de cirque, de danse mais aussi de théâtralités, de voix croisées, une construction agencée pour 14 interprètes, 14 corps et voix dans une création coordonnée par Christophe Huysman et inscrite dans un cercle complet.
Le travail sera fidèle à l’austérité grinçante et rigolarde des Hommes penchés et de ses interprètes. Il s’agit de membres disparus, d’exils, d’éclats, de douceurs et de renaissances dont l’univers circulaire ne demande qu’à s’étendre.
TETRAKAÏ, spectacle de fin d’études, est avant tout une évocation métaphorique des liens qui se délitent et se reconstruisent. TETRAKAÏ s’assimile à un laboratoire où élaborer de nouveaux paradoxes, se recréer une mémoire et un avenir à partir d’une multitude de données personnelles et talents singuliers des interprètes.

Entretien avec Christophe Huysman *

Rencontre à La brèche (Cherbourg) avec le metteur en scène Christophe Huysman après une semaine de travail.

D’où vient le titre de ce spectacle ?

Il représente mon chemin vers la langue, le chemin du titre c’est mon chemin d’écrivain, ici carrément singulier. J’ai effectué une liste de titres dès que j’ai accepté cette mission. Un jour Sylvain (Décure) me dit « pourquoi ne pas choisir un titre incompréhensible ? ». Nous voulions un titre qui emmène les spectateurs vers un autre sens lié aux sonorités et que tout le monde puisse s’approprier à sa manière. Le sens de TETRAKAÏ se décompose ainsi : « tétra », le chiffre 4 en grec « Ka » : c’est à la fois un terme calligraphique japonais (le format A4) ; la conjonction « et » en grec ancien, employé comme adverbe, il pourrait se traduire par « aussi ». Il s’agit de mon quatrième spectacle avec des interprètes de cirque : il y d’abord eu Espèces (2000-2006), un cartoons de corps en survies, puis HUMAN articulations (2006-2009), un cri de colère, une prise de parole dans nos vertiges, puis Le Mâtitube (2008-2010), spectacle de rue, un « gueuloir » qui exprimait une réaction épidermique aux élections de 2007. Dans TETRAKAÏ le chiffre « 4 » joue un rôle constructif dans ce projet. Nous sommes quatre au départ de cette aventure : Angela Laurier, Sylvain Décure, William Valet et moi. La piste est divisée en quatre entrées et sorties, il y a quatre gradins (sous chapiteau). Cette découpe particulière implique que les interprètes pensent différemment leurs déplacements, leur ouverture à l’autre pour être visibles de quatre endroits différents. Le cercle, la piste.

Est-ce un défi pour vous de mettre en scène des étudiants ?

C’est déjà les considérer comme des interprètes. Mettre en scène, c’est déjà un défi en soi, presque une figure de style ! En amont même de la réalisation, j’ai eu une rencontre avec chacun des interprètes. Cela m’a permis d’approcher l’humain, de les écouter et d’entendre, de scruter… J’aime travailler « l’air de rien », je me fais « petit », j’écoute d’abord ce que j’ignore pour composer. Car l’exercice passionnant est de trouver une compréhension réciproque avec chacun des interprètes. Nous ne partons pas tous du même endroit, nous ne parlons pas du même endroit, personne parmi nous n’a le même vécu, ni le même âge. Je ne suis pas arrivé avec une mise en scène toute prête. Ce spectacle a pour origine la confrontation des histoires personnelles, de petits événements, un dialogue.

Je ne le considère pas comme un défi, mais plutôt comme un lieu où je vais apprendre tout en « infusant » des savoirs. J’essaye de trouver avec les interprètes une nouvelle circulation de la parole, de la voix, une autre écriture du cirque. Il nous a fallu (avec Sylvain, William et Angela) penser tous les éléments de manière radicale : le chapiteau, le placement du public, le son, la lumière et l’écriture, les agrès, la scénographie, pour explorer quelque chose qui puisse me concerner comme artiste. Donc, d’abord tout remettre à plat. Faire le vide. Ne plus se souvenir et créer les espaces réels et mentaux qui nous laissent libres de nos références habituelles en telle circonstance. Effacer la facilité de reproduire.

C’est un cirque qui s’écrit aujourd’hui et s’inscrit dans l’actualité. L’actualité c’est ce qui passe au plus près de soi, sa propre actualité. Au tout début, il y a encore quelques semaines, je ne savais pas si nous allions écrire ce spectacle dans un pays en paix ou si la France allait s’engager dans des opérations militaires au Proche-Orient. Nous avons commencé à réfléchir tous ensemble à cette situation pour appréhender ce que signifie écrire un spectacle dans un pays en guerre.

J’ai aussi certaines « obsessions ». Quelques figures propres aux Hommes penchés (nom de la compagnie), s’intègrent petit à petit au processus de travail : les anonymes, les aveugles, l’ordinaire avec la chaise, la perte des repères habituels. Quant aux tables présentes sur scène, elles racontent une nouvelle histoire : elles servent d’établis ou de paillasses où les corps-matières viennent se forger : on cherche à déplacer l’ordinaire.

Ce choix scénographique radical, qui se limite aux agrès et à la matière brute ouvragée comme un espace dynamique et abstrait contribue à créer un autre rapport à la hauteur, à l’air, à la circulation des interprètes dans l’espace… Tous ces paramètres font du corps la matière première du spectacle à travers laquelle les éléments (lumières, sons, textes…) viennent s’articuler.

C’est la première fois que, dans un de mes spectacles, je ne serai pas sur le plateau comme interprète. Dans cet exercice d’une écriture collective et particulièrement pour ce spectacle, mon rôle est de faire apparaître toutes les personnalités engagées sur cette création.

Entretien réalisé par Cyril Thomas
Responsable Recherche et Développement – Cnac

Équipe artistique & production *

Distribution
Les 14 interprètes de la 25e promotion du Cnac
Mehdi AZEMA – Justine BERTHILLOT – José Luis CÓRDOVA – Edouard DOUMBIA
Iesu ESCALANTE – Tamryn ESCALANTE – Basile FOREST – Santiago HOWARD
Andres LABARCA – Victoria MARTINEZ – Simon NYIRINGABO – Philippe RIBEIRO
Frédéri VERNIER – Issouf ZEMANI

L’équipe artistique et technique
Mise en scène Christophe HUYSMAN – LES HOMMES PENCHÉS
Collaborations artistiques Angela LAURIER, Sylvain DÉCURE, William VALET
Création lumière Annie LEURIDAN – Création son Antoine HERNIOTTE
Création costumes Mélinda MOUSLIM – Travail sur la voix Chantal JANNELLE
Régie générale Julien MUGICA – Régie plateau Jacques GIRIER
Régie lumière Vincent GRIFFAUT

Production 2013 : Centre national des arts du cirque – Cnac / Les Hommes penchés. Partenaire privilégié du Cnac, le Conseil régional de Champagne-Ardenne soutient par son financement la troisième année de formation et l’exploitation du spectacle de fi n d’études. Le Cnac est financé par le ministère de la Culture et de la Communication – DGCA et reçoit le soutien du Conseil Général de la Marne et de la Ville de Châlons-en-Champagne. La brèche, pôle national des arts du cirque – Cherbourg-Octeville a accueilli l’équipe artistique en résidence pour une étape de travail (septembre 2013). La compagnieLes Hommes penchés estconventionnée par la DRAC Ile-de-France / Ministère de la Culture et de la Communication et par la Région Ile-de-France. Administration de production : Conduite accompagnée / Christine Tournecuillert.

Extraits vidéos & photos du spectacle *

Tournées *

Création dans le cirque de Châlons-en-Champagne
du 13 au 20 décembre 2013

Parc de la Villette Espace Chapiteaux Paris (75)
Du 15 janvier au 9 février 2014

puis en tournée
Charleville-Mézières (08) Théâtre municipal les 3, 4 et 5 avril 2014
Chaumont (52) Le Nouveau Relax Scène conventionnée les 24, 25 et 27 mai 2014
Reims (51) le Manège Scène nationale les 4, 5 et 6 juin 2014
Cherbourg (50) La brèche Pôle national des arts du cirque dans le cadre du Festival
Les Art’zimutés les 26 et 29 juin 2014

Revue de presse *

Tetrakai – La Terrasse
Tetrakai – Le Figaro
Tetrakai – Le Monde
Tetrakai – Le Monde.fr
Tetrakai – Theatre du blog
Tetrakai – Liberation