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S.B.I.P.

Présentation *

À l’invitation du festival Les Intranquilles (Villa Gillet, Lyon), nous avons mené 5 performances confrontant nos états respectifs d’incompréhension et de flottement d’identités dans un monde en pleine mutation politique, nous souhaitons avec cet objet très particulier de recherche principalement performatif dans la mise en jeux extrêmement rapide des matériaux textes et images recherchés de part et d’autres par les artistes, réaliser des chocs, des curiosités, des connivences entre tous les éléments que nous avons recueillis, d’une part des interviews menées par Jacques André (textes et images) à Paris, Berlin, Lyon etc. où nous concentrons notre écoute et notre regard sur “infiniment petit” d’une vie sociale, politique et privée et d’autre part par une série de questionnement et de résolutions plus ou moins absurdes pour lier cet ensemble improbable. Tout cela en dix jours. Le but étant la confrontation des éléments en direct avec la public dans une forme en modifications permanentes.
Par l’invention d’une nouvelle figure : Sandy Beans, journaliste travesti de la tête et polyglotte directement inspirée par le peintre Otto Dix et les grandes figures légendaires de l’avènement journalistique, créer une forme spectaculaire réjouissante et incongrue de notre état au monde, constante de nos aventures du Laboratoire mobile.
La trame résultante sera une série d’interviews, non plus de HYC ou de son auteur, mais d’individualités urbaines, plutôt sophistiquées et décalées, qui fera émerger une dérive, un parcours dans des réseaux de complicité intellectuelle, politique, sexuelle, affective, esthétique… dont Sandy Beans sera la révélatrice obstinée et le miroir désenchanté. Troublées par la rumeur du monde, ces interviews créeront des moments incongrus où la pensée vacille, où le temps se suspend, où le rire porte sur soi et sa redécouverte dans la parole de l’autre.

Une succession de rencontres effectuées sur le mode de l’interview d’une part, et du « portrait sans visage » d’autre part, à Berlin pour débuter ce parcours, amèneront à créer un cheminement dans la géographie réelle et mentale de ceux qui à travers eux-même se font explorateurs du monde, dans des circulations de corps, d’idées, de langues, ou d’âges, mais aussi de ce qui bloque ou fuit dans ces circulations, les perturbe, les connectent dans des résistances ou des stratégies de vie réinventées. Choisis pour leur capacités à devenir explorateurs d’eux-mêmes, des autres et de l’époque, pour leur habileté à bricoler langues, notions et images, les interviewés seront identifiés de proche en proche par chaînage d’affinités électives dans les villes où nous viendrons également par affinité. Nous souhaitons interviewer ces personnes et circuler dans la ville au fil des questions pour créer un « catalogue d’émotions » intime (les lieux, les lumières, les circulations, etc.). Les visages des personnes ne seront pas filmés, leur parole sera enregistrée pour ensuite être travaillée par Christophe Huysman dans un processus où une partie sinon la totalité de l’écriture succédera à l’élaboration de l’image. Nous ne filmerons que ce qu’ils nous désigneront dans leur ville comme symptomatique des questions qui leur seront évoquées. Ces matériaux images deviendront, après traitement numérique et intégration dans un dispositif interactif par Jacques André, matière à jeux scéniques d’une part, et matière d’installations vidéo d’autre part. La scène sera en quelque sorte le studio de composition/décomposition du jeu d’acteur et du « jeu-image » pour produire des dispositifs autonomes, eux-mêmes soumis à de nouvelles circulations. La scène sera porteuse des réactions de Sandy Beans et de sa famille (Mireille, Natacha, Agnès etc…), interprétée par des acteurs multiples réellement ou virtuellement présents. Ils seront le « champ » de réactions à la parole et aux perturbations visuelles associées, et ces dernières seront leur et notre « contre-champ ». Les perturbations visuelles liées : interprétant librement les confidences des interviewés, l’image révélera de manière décalée leurs paysages intimes, lieux secrets de la ville, objets, images, souvenirs, livres, états mentaux (chutes, vertiges, etc.), organes prenant le dessus… 5 mots privilégiés structurent ces interviews : l’enfance, la sexualité, la résistance, la solitude, la mort.

Équipe artistique & production *

S.B.I.P. les voix de Berlin
opérateur Jacques André
développeur Max Wolkowinski
auteur Christophe Huysman
Avec Giovanna D’Etorre, David Ferré, Arthur Ribo, Sylvain Decure.

Coproduction La Villa Gillet, Les Subsistances (Lyon), Culture commune-Scène nationale du Bassin minier du Pas-de-Calais et son espace Culture Multimédia en partenariat avec le bureau du Théâtre et de la danse de l’Institut français à Berlin, le Centre national des Arts du cirque, le Panta Théâtre (Caen), la Gaîté lyrique et Et bientôt… SBIP utilise le logiciel Log’HYC avec le soutien de Culture Commune (ECM).

Extraits vidéos & photos du spectacle *


Tournées *

5 Performances, Villa Gillet, (Lyon) mai 2004