Les Cartes postales, la France des faux passés

La France des faux passés
Les Cartes postales
Les Cartes postales

Les Cartes postales, travail photographique de Christophe Huysman

L’artiste établit sa propre cartographie dans les villes qui l’accueillent ; des balises sous forme de cartes postales dans des endroits qui attisent sa curiosité et provoque un sens, une émotion. Ces balises prêtes à l’envoi s’assimilent aux images d’Epinal dîtes touristiques connues du grand public. Cependant, Huysman traite d’autres quartiers, d’autres zones territoriales de la même manière. Ainsi, il relie par un traitement iconographique singulier des points connus de la ville et d’autres ignorés du grand public, Les « architextures ».

Place du Maroc – Paris
Place du Maroc – Paris

 

 

Jardin Eole - Paris
Jardin Eole – Paris

 

 

Rue de Jemmappes - Valenciennes
Rue de Jemmappes – Valenciennes

 

Depuis ses débuts, Christophe Huysman déclenche son travail d’auteur par un travail plastique. Pendant les années 1990, il documente sa vie avec des Polaroïds. Annotées, griffonnées, violentées, parfois pendant le temps de leur révélation, ces centaines d’images demeurent le point de départ de toute sa production plastique, théâtrale et littéraire. Le spectacle ou le texte sauvent ces traces éphémères, fragiles, de l’(auto)destruction ; ils ravivent leur mémoire. Ces images disent autrement que par les mots les corps évoqués, (dé)figurés, leurs blessures, leurs passages, leurs extases. Les Polaroïds sont au cœur de Cet homme s’appelle HYC, à la fois spectacle (Avignon 2002) et livre publié en 2001 aux Solitaires Intempestifs.

Aujourd’hui, Christophe Huysman commence une nouvelle série d’images. La photographie numérique (souvent réalisée avec un téléphone portable) a remplacé le polaroïd ; le traitement informatique s’est substitué au graffiti, à l’empreinte physique. Si le corps était omniprésent dans les différentes séries des Polaroïds, il a tendance ici à se faire plus discret, à s’effacer, au profit du paysage, de la ville, du monument. Ces « cartes postales », souvent nostalgiques, présentent de faux passés, comme si notre avenir s’écrivait au futur antérieur. Une construction, une posture, un accessoire, un élément vestimentaire… montrent que ces images n’ont rien d’ancien : elles sont absolument contemporaines mais leur traitement les inscrit déjà dans le registre des souvenirs enfouis.
Clarisse Bardiot in « Cabaret de curiosités, Now Future ! » aux éditions L’Œil d’OR et les éditions Subjectile dans lequel sont publiées un choix de « Cartes Postales »

 

Chantier - Paris
Chantier – Paris

 

Place Maurice Chevalier - Paris
Place Maurice Chevalier – Paris

 

La trace d’un lieu, d’un sentiment, l’envoi d’un message.

L’usage principal de la carte postale est l’envoi d’un message court, sans enveloppe. Souvent, les administrations postales ont un tarif carte postale, moins cher que celui de la lettre habituelle, ce qui explique à l’origine sa raison d’être, et son succès à une certaine époque. Dans les années 1900 à 1920, âge d’or de la carte postale, l’usage en était pratiquement quotidien, de sorte qu’avant la diffusion générale du téléphone, on l’utilisait d’un quartier à l’autre de la même ville, par exemple, pour se donner rendez-vous le lendemain. Selon les modèles et les époques, un des côtés peut porter une illustration dessinée ou photographique, à vocation touristique, artistique ou humoristique. Une des fonctions les plus anciennes de la carte postale est aussi d’être un objet de collection.