Instable © Tomès Amorim

Instable

Présentation *

Cirque

Plongée dans l’organique, celle d’une figure qui par tous les moyens tente de s’élever. On peut évoquer les grands comiques comme la plus intense exigence du risque qu’impose le cirque.

entretien entre Nicolas Fraiseau et Christophe Huysman *

NICOLAS – Cette thématique de l’instabilité est venue d’un rêve, celui d’accrocher un mât sur une ligne presque invisible qui était un fil de fer, du coup ça impliquait peu de tension pour tenir le mât et un mât qui serait susceptible de changer. On a une conception du mât chinois bien tenu avec des sangles, 100 kg sur chaque sangle pour le plaquer au sol et moi je voulais créer juste une ligne qui le maintient davantage qu’il ne le pose. Si cela parle d’instabilité c’est aussi que moi-même je n’ai jamais été posé, toujours entre trois chemins à jongler d’un pied sur l’autre, à aller d’un côté et de penser déjà à la direction opposée. J’ai une certaine instabilité en moi qui se traduit dans cette pièce.Puis un jour le mât est devenu plus instable que moi, le travail a inversé les rôles. Et avec un mât plus instable j’ai travailler pour trouver en moi une stabilité, un centre pour pouvoir jouir de l’instabilité qu’il m’offrait.

CHRISTOPHE – La rencontre entre Nicolas et moi a été simple, c’est le jour où j’ai assisté aux travaux personnels de fin d’année des élèves au Centre National des Arts du Cirque et lorsque j’ai vu le geste qu’il réalisait de manière concise durant sa présentation au public qu’on pouvait accéder à un geste d’une réelle liberté sous des airs désinvoltes car il était avant tout d’une immense exigence. J’ai tout de suite vu et senti qu’il y avait une matière à expansion et qu’on pouvait en rêver un spectacle – par un autre rythme, une mise en scène des tempos, un travail sur les supports, etc. – il ne pouvait pas faire ça tout seul, il lui fallait intégrer une équipe pour y parvenir. D’autres artistes autour qui l’aident à construire cet impossible.

NICOLAS – Le travail initial m’a laissé le goût d’un état de grâce que j’ai toujours voulu retrouver. Cette saveur de la découverte de l’accident, et faire en sorte de s’organiser autour. Beaucoup reposait sur le hasard, et je n’avais pas encore les clefs pour réitérer les gestes, revivre une nouvelle fois cette découverte. C’était organique, une mémoire de sensations vives. Avec Christophe qui a vu ce noyau initial, on a pu construire, et développer avec toute une équipe, les chemins à traverser et revivre, de sorte à retrouver, prolonger et développer cette première sensation, cet état de départ. Ce binôme est resté comme le spectacle, très organique, comme le prolongement du geste initial. Le squelette du spectacle est la forme qui a vu le jour durant les échappées, mais il y a une grande différence entre le travail mené dans une école, et celui dans le monde artistique. Grâce à Christophe, j’ai pu en parler, et être accompagné, aussi bien pour la construction d’un dossier, la constitution d’une équipe et surtout la création. La compagnie les Hommes penchés, m’a accueilli et offert l’expérience, les regards, le ressenti d’autres personnes. On parle de compagnonnage, dispositif qui a toujours été présent dans l’histoire de la compagnie.

CHRISTOPHE – Il faut cette attention et ce partage pour amener un geste embryonnaire à la représentation, là où cela devient un spectacle, c’était le but. D’amener cet éclat que j’avais vu à un spectacle et de l’amener ensemble. Travailler l’instabilité ça semblait logique pour une compagnie comme Les Hommes penchés.

CHRISTOPHE – Il n’y a pas de personnage, c’est personne d’autre que Nicolas sur le plateau et c’est Nicolas qui est le messager d’une émotion à travers tout ce qui le traverse. A l’endroit où je suis à la mise en scène : être vigilant à ce que l’on reste sur le chemin désiré. J’ai toujours été vigilant à ce que Nicolas reste Nicolas quitte à le pousser hors de lui par moment pour qu’il comprenne à quel point ce doit être lui. Il y a limite de ce qu’est un homme portant dans son corps la narration, une narration sans histoire qui représente l’incroyable condition humaine, une histoire dont on n’a ni le début ni la fin, c’est un moment au monde. Il y a un geste qui peut être drôle loufoque même, chaotique, réussi ou raté et il y a surtout cette exigence que j’aime par-dessus tout dans le cirque, construire l’ampleur par l’infime. Il ne s’agit pas de raconter l’histoire ni d’une réflexion sur l’instabilité, c’est pourquoi ce spectacle n’a aucun mot articulé, il acte. C’est ainsi une forme qui déploie toute sa puissance où aucun mot n’est nécessaire.

NICOLAS – L’instantanément présent.

Équipe artistique & production *

Idée originale et jeu Nicolas Fraiseau
Mise en scène Christophe Huysman
Regards extérieurs Mads Rosenbeck,  Maël Tebibi
Création lumière Eric Fassa
Création son Robert Benz
Scénographie Nicolas Fraiseau, Christophe Huysman en collaboration avec Sylvain Fertard
Costumes Mélinda Mouslim
Construction Sylvain Fertard, Michel Tardif
Régie générale Robert Benz
Administration, production Christine Tiana

Coproduction Les Hommes penchés Avec l’aide de la SACD/dispositif Processus Cirque / Avec le soutien de l’Espace Périphérique / Mairie de Paris – Parc de La Villette, de Latitude 50 – pôle arts du cirque et de la rue / Accueil en résidence de création à Mimulus de Fresnay-en-Sarthe,  à  Cirk’Eole et à l’Académie Fratellini

Photos du spectacle *

Instable © Tomès Amorim

Vignettes *

Instable #1 from Les Hommes Penchés on Vimeo.

Prochaines dates *

15 juin 2018 à 20h – Les Arènes de Nanterre sortie de résidence
01 juillet 2018 Festival des 7 Collines, Saint-Etienne / création
02 > 14 juillet 2018
– Cirk’Eole, Montigny-lès-Metz
26 juillet 2018 –
 Festival Cirko Vertigo, Grugliasco – Torino (Italie)
11, 12 et 14 octobre 2018 – Académie Fratellini, La Plaine Saint-Denis
14, 15, 16 et 19 mars 2019 – SPRING, Festival des nouvelles formes de cirque en Normandie
22 > 24 mars 2019 – Festival Subsistances – Lyon

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