À propos des Hommes penchés

Qui sont les Hommes penchés ?

Les Hommes penchés une manière d’être au monde – décentrée, attentive aux à-côtés, jamais tout à fait stabilisée.

Le laboratoire mobile une manière de faire et de s’organiser. La trentaine d’artistes et de techniciens compagnons des Hommes penchés sont issus du théâtre, du cirque, de l’image, de la lumière, du son. Les rassemble un même désir d’échanges et d’expérimentations, aussi, une même manière de concevoir leur vie dans l’art et l’art dans la vie. Par nomadisme d’équipe, rencontres, circulations, partage des énergies, des savoirs et des compétences, décloisonnement permanent des disciplines, des langages, des lieux, des genres et des gens.

Du théâtre documentaire de Cet homme s’appelle HYC, aux Pièces de cirque Espèces et HUMAN (articulations), des Performances multimédia S.B.I.P et 5/5=1 au Parcours pour jardin Les Éclaireurs, des Poèmes La Course au désastre et Les Constellations, au Théâtre sonore des Repas HYC et au Music-hall avec Les Chansons HYC, les membres du laboratoire mobile, régulièrement, se retrouvent, et écrivent la suite de leur histoire protéiforme.

Une aventure, une rencontre, mènent à d’autres collaborations désirées, découvertes, désirs coïncidents, les projets s’inventent et les œuvres se déclinent, aux marges des étiquettes, hors formats standard.

Toujours, l’écriture est au centre du geste déployé les Hommes penchés portent parole, disent ce qu’ils pensent, vivent, traversent du monde, ce qui les bouleversent, ce qui les amusent, se font caisse-de-résonance des maux, ritournelles et mots d’ordre de l’époque. Toujours, la question du corps est au cœur de la représentation. Dans l’espace, se tracent les figures de son infinie résistance et de son infinie fragilité, corps de tensions et de passions, écartelés, mis-en-danger, surexposés, mais aussi corps d’impulsions, conquérants, bondissants et rebondissants. D’équilibres instables en entreprises vertigineuses, à l’impuissance nul n’est tenu.

L’association, l’échange et la transmission portent l’histoire de la compagnie c’est une manière de procéder, une éthique, qui se poursuit aujourd’hui sous la forme de compagnonnages artistiques et techniques.

William Valet, interprète d’Espèces et de Human, et concepteur d’un nouvel agrès le Mâtitube, dispositif pour lequel Christophe Huysman invente sa manière de « voler l’extérieur », un langage pensé pour et dans l’espace public (la rue, la ville). Il offre un jouet métaphysique et physique, une expérience plastique.
Tsirihaka Harrivel, interprète du Mâtitube. La compagnie porte la production déléguée de son premier projet en tant que concepteur du spectacle Contremoi, créé en décembre 2008 et l’accompagnement de la création de la compagnie Ivan Mosjoukine qui vient de créé Notes on the Circus.
Jacques André pour Processus d’IMBRICATIONS, cycle d’expériences artistiques menée avec la participation et l’intervention de chercheurs (anthropologues, généticiens, etc.) pour explorer en scène les mots du racisme dans leurs héritages et leurs mutations créé lors du Festival Étrange Cargo le mardi 10 mars 2009 à la Ménagerie de Verre, Paris, puis poursuivis depuis à VIA à Mons, au Vivat à Armentières etc.
Nicolat Bachet musicien, slameur et circassien, concepteur du spectacle Soldat Weïna.
Sylvain Decure avec son premier spectacle Demain, je ne sais plus rien. Créé les 23 et 24 novembre 2010 à la Ménagerie de verre, Paris Festival les Inaccoutumés.

La compagnie est conventionnée par la DRAC Ile-de-France Ministère de la Culture et de la Communication et par la Région Ile-de-France
Christophe Huysman est artiste associé au Phénix, Scène nationale de Valenciennes.

1995 – 2002

Christophe Huysman crée en 1995 Les Hommes penchés pour dire le poème La Course au désastre, toujours en tournée. Il privilégie les aventures collectives en créant Le Monde HYC 1 avec Jacques André, Thibault Hédoin… quarante heures de performances liant théâtre, littérature, cirque et multimédia (présenté au Festival Frictions à Dijon en 2001), puis Les Hommes dégringolés avec Olivier Werner et Vincent Dissez (Festival d’Avignon, 2001). En 2002, associé à Gérard Fasoli, il crée Espèces, pièce de cirque (Culture-Commune, Furies 2002, Paris – Parc de la Villette 2004) et des performances conçues comme des séries comme L’art de vivre ou desperformances évolutives recréant chaque fois l’événement : Cet homme s’appelle HYC (Festival d’Avignon 2002), ce sera aussi l’aventure du MONDE HYC 2, deux jours de spectacles non-stop au Garage Moderne à Bordeaux (Les Grandes Traversées), où Christophe Huysman invite Alexis Forestier, Philippe Minyana, Frédéric Maragnani, Camille Boitel, Laurent Massénat, Emma Juliard, Sylvain Decure, Crystal Shepherd- Cross, Gérard Fasoli, Thibault Hédoin, Patrice Besombe, David Ferré, William Valet, Manu Debuck… à des performances uniques devant plus d’un millier de spectateurs.

2003 – 2005

La pièce de théâtre Les Repas HYC est créée en 2003 au Théâtre de la Bastille à Paris et au CDN de Montluçon, suit la performance multimédia SBIP pour la Villa Gillet à Lyon en 2004. L’année suivante il écrit et en crée simultanément des événements uniques : Les Éclaireurs avec Laurent Massénat dans le Jardin de Barbirey et Les Constellations à l’Église Saint-Eustache à Paris, le 1er décembre 2005 (Fondation de France, Festival d’Automne) et reprend La Villa de Philippe Minyana.

2006 – 2010

En 2006, il écrit, réalise et joue HUMAN (articulations) créé aux Subsistances à Lyon et présenté au Festival d’Avignon. Au cours de la saison 2007-2008, il invente avec William Valet, au Grand R de la Roche- sur-Yon, une pièce dans un dispositif circulaire et présentée en extérieur, le Mâtitube. Sur cette période il performe Les Étonnistes en compagnie de Stéphanie Aubin, Pascale Houbin et Pierre Meunier. Il est convié par Romaric Daurier à l’accompagner comme artiste associé au Phénix, SN de Valenciennes, il y crée la version finale de L’Orchestre perdu, présentée dans sa première version au Festival d’Avignon en 2010.

2011 – 2013

En 2011, il crée avec la chorégraphe Julie Nioche Contes tordus pour la 65em édition du Festival d’Avignon en partenariat avec la SACD. 2012 verra la reprise de HUMAN et le début des répétitions de la création de Philippe Minyana Cri et Ga cherchent la paix. En écriture, il achève ses 3 Pièces raccourcies dont le premier volet Allez où là ? vient d’être publié dans Les Petites Formes de la Comédie Française et se lance dans les ponctions puis l’écriture du Projet National de Requête, le développement des formes du Nouveaux Territoires du Théâtre (applications numériques…) et les recherches pour la création de SoL-AiR 777.

Christophe Huysman,
fondateur de la Cie Les Hommes penchés et du Laboratoire mobile

Comédien, metteur en scène et auteur, Christophe Huysman place l’écriture au centre de son travail. Chaque nouvelle pièce est pour lui l’occasion de faire entendre sa voix de poète, celle qui permet au réel, en le transposant, d’être encore plus perceptible. Pour cela, il s’entoure de nombreux complices avec lesquels il chemine pour renouveler les formes d’un théâtre « toujours en gestation ». Circassiens, vidéastes, danseurs, musiciens sont ainsi invités à partager les recherches de sa compagnie, Les Hommes penchés, et du Laboratoire mobile qu’il a créé. De la performance multimédia aux spectacles de cirque, du récital de chansons aux pièces sonores, ils inventent ensemble des œuvres aux frontières des cadres traditionnels, histoire de mieux les bousculer. Par bribes et morceaux, ils composent des parcours surprenants, tout en suspension et sensibilité, qui affirment haut et fort que l’espace du théâtre est d’abord celui des corps. Corps présents ou en images, tendus, passionnés, traversant la scène, glissant, bondissant, affirmant qu’il faut « faire front », certains que pour exister, pour être présent au monde, il faut continuer à imaginer et à rêver. Car le pessimisme très optimiste qui enveloppe ses écrits et ses spectacles n’a d’autre but que d’inviter les lecteurs et spectateurs à résister à la désespérance que nos temps de crise tendraient à imposer.

Actor, director and author, Christophe Huysman places writing at the centre of his work. Each new play is the occasion for him to let the voice of the poet be heard, the poet who enables reality, by transposing it, to be even more perceptible. To do so, he surrounds himself with a host of collaborators with whom he makes his way to renew the forms of a theatre that is « always in gestation ». Circus artists, video-makers, dancers and musicians are thus invited to share the research of the company, Les Hommes penchés, and the Laboratoire mobile that he created. From the multimedia performance to circus shows, from the song recital to sound plays, they invent, together, works on the borders of traditional frameworks, all the better to turn them upside-down. Through bits and pieces, they compose surprising itineraries, all suspension and sensitivity, that asserting loud and clear that theatre space is above all a space of bodies. Bodies that are present or in images, tense, passionate, crossing the stage, gliding, leaping, assert that one has to “join forces”, certain that in order to exist, to be present in the world, we must continue to imagine and dream. Because the very optimistic pessimism that envelops Christophe Huysman’s writing and shows has only one aim: to invite readers and spectators to resist the desperation that our times of crisis tend to impose. His work could be discovered at the Festival in 2001 with The Toppled Men, in 2002 with This Man Whose Name is HYC and in 2006 with Human and The Race to Disaster.
JFP, April 2010.